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Plan Santé au Travail 2026-2030 : vers une approche plus globale de la santé au travail

Comprendre les enjeux du nouveau PST5 et les opportunités pour les entreprises engagées dans une démarche de qualité de vie et des conditions de travail.

Réunion d’équipe autour de la santé au travail

Prévention, santé mentale, absentéisme, climat, intelligence artificielle : les priorités évoluent

Le Gouvernement a dévoilé le nouveau Plan Santé au Travail 2026-2030 (PST5), qui constituera la feuille de route nationale en matière de santé et de sécurité au travail pour les cinq prochaines années.

Dans un contexte marqué par les transformations numériques, les enjeux climatiques, l’évolution des attentes des collaborateurs, le vieillissement de la population active et l’augmentation des troubles psychiques, ce nouveau plan réaffirme une conviction forte : la prévention doit être placée au cœur du fonctionnement des organisations.

Au-delà des obligations réglementaires, le PST5 invite les entreprises à considérer la santé au travail comme un levier de performance durable, d’engagement des collaborateurs et d’attractivité.

Plus qu’une évolution des priorités de prévention, le PST5 traduit une évolution de la manière de penser la santé au travail. Il confirme que la prévention ne peut plus être dissociée des choix d’organisation, des pratiques managériales, des transformations des métiers ou encore des attentes des collaborateurs. Pour les dirigeants, l’enjeu n’est donc plus seulement de répondre à des obligations réglementaires, mais de développer une organisation capable d’anticiper les risques et d’accompagner les évolutions du travail.

Pourquoi un nouveau Plan Santé au Travail ?

Si les accidents du travail ont fortement diminué au cours des dernières décennies, plusieurs indicateurs continuent d’alerter :

  • plus de 549 000 accidents du travail ont été recensés en 2024 ;
  • les accidents du travail mortels restent à un niveau préoccupant ;
  • les maladies professionnelles poursuivent leur progression ;
  • les arrêts de travail ont augmenté de 10 % entre 2019 et 2024 ;
  • les troubles psychiques liés au travail sont en hausse ;
  • certaines populations demeurent particulièrement exposées aux risques professionnels.

Face à ces constats, le PST5 vise à renforcer la culture de prévention tout en adaptant les politiques de santé au travail aux nouvelles réalités du monde professionnel.

Les huit priorités du PST 2026-2030

  1. Renforcer la prévention des accidents graves et mortels

    La réduction des accidents graves et mortels constitue la priorité affichée du plan.

    Les actions prévues concernent notamment :

    • la prévention des malaises mortels au travail ;
    • la lutte contre les chutes de hauteur ;
    • le développement d’une culture de prévention ;
    • le renforcement des outils mis à disposition des entreprises.
  2. Prévenir l’absentéisme en agissant sur les causes

    Le PST5 reconnaît que l’absentéisme représente un enjeu humain, social et économique majeur.

    L’ambition est d’agir en amont à travers :

    • l’amélioration des conditions de travail ;
    • le développement du dialogue professionnel ;
    • l’accompagnement des managers ;
    • le renforcement des démarches de prévention primaire.
  3. Mieux protéger les jeunes et les nouveaux arrivants

    Les premières années d’activité demeurent les plus accidentogènes.

    Le plan prévoit notamment :

    • le développement de la culture prévention dès la formation ;
    • le renforcement de l’accompagnement à la prise de poste ;
    • la sensibilisation des tuteurs et maîtres d’apprentissage ;
    • l’intégration de la vulnérabilité des nouveaux arrivants dans l’évaluation des risques.
  4. Faire de la santé mentale une priorité nationale

    La santé mentale occupe désormais une place centrale dans les politiques de prévention.

    Le PST5 prévoit :

    • une offre renforcée de prévention des risques psychosociaux ;
    • le développement du secourisme en santé mentale ;
    • la diffusion d’outils de sensibilisation auprès des entreprises ;
    • l’accompagnement des TPE et PME dans leurs démarches de prévention.
  5. Promouvoir la santé des femmes au travail

    Parmi les évolutions majeures du PST5 figure la prise en compte renforcée des enjeux spécifiques liés à la santé des femmes au travail.

    Les entreprises sont invitées à développer une évaluation différenciée des risques professionnels entre les femmes et les hommes afin de mieux identifier les situations d’exposition particulières.

    Cette orientation répond à une réalité préoccupante : alors que les accidents du travail diminuent globalement en France, ils ont augmenté de 26 % chez les femmes entre 2000 et 2023.

    Le plan prévoit également des actions relatives :

    • à l’adaptation des équipements de protection individuelle ;
    • à la prévention des violences sexistes et sexuelles ;
    • à l’accompagnement des situations liées à la grossesse, à l’endométriose ou à la ménopause.
  6. Accompagner les transformations du travail

    Le PST5 intègre les nouveaux défis liés :

    • à l’intelligence artificielle ;
    • aux transformations numériques ;
    • aux effets du changement climatique sur les conditions de travail.

    Un observatoire « IA et Travail » doit notamment permettre de mieux comprendre les impacts de ces évolutions sur la santé et la sécurité des travailleurs.

  7. Renforcer la place du DUERP

    Le Document Unique d’Évaluation des Risques Professionnels (DUERP) demeure la pierre angulaire de toute démarche de prévention.

    Le PST5 prévoit :

    • un accompagnement renforcé des entreprises ;
    • de nouveaux outils d’évaluation des risques ;
    • une meilleure mobilisation des Services de Prévention et de Santé au Travail.
  8. Prévenir l’usure professionnelle et favoriser le maintien en emploi

    Le vieillissement de la population active et l’augmentation des maladies chroniques renforcent les enjeux liés au maintien en emploi.

    Le plan vise notamment :

    • le repérage précoce des situations à risque ;
    • le développement des dispositifs de prévention de la désinsertion professionnelle ;
    • la poursuite du déploiement du Fonds d’Investissement dans la Prévention de l’Usure Professionnelle (FIPU).

Une évolution de la culture de prévention

Pris dans leur ensemble, ces huit axes montrent que le PST5 ne se limite pas à renforcer les dispositifs existants. Il élargit le champ de la prévention en intégrant des enjeux organisationnels, humains et sociétaux qui influencent durablement la santé au travail. Cette évolution traduit une attente forte des pouvoirs publics : faire de la prévention un véritable levier de pilotage des organisations, mobilisant la direction, les managers, les représentants du personnel, les services de prévention et l’ensemble des collaborateurs. La prévention devient ainsi une démarche collective, intégrée aux décisions de management et aux transformations de l’organisation.

Quand le PST 2026-2030 rejoint l’approche « Entreprise en santé »

L’une des forces du PST5 est de dépasser une vision exclusivement réglementaire de la prévention.

Cette orientation rejoint directement les principes du référentiel BNQ 9700-800 – Entreprise en santé, qui propose une approche globale de la santé organisationnelle.

Si le DUERP permet d’identifier et d’évaluer les risques professionnels, la démarche Entreprise en santé va plus loin en s’intéressant également aux facteurs organisationnels, managériaux et humains qui influencent durablement la santé des collaborateurs.

La méthodologie repose notamment sur :

  • l’analyse des données de l’entreprise ;
  • l’identification des facteurs de risques ;
  • le recueil structuré des attentes, des besoins et des perceptions des collaborateurs.

Cette démarche permet de mieux comprendre les réalités vécues par les différentes populations de l’entreprise et de construire des plans d’actions adaptés aux besoins réels du terrain.

Au-delà du respect des obligations, cette approche permet d’objectiver les décisions en s’appuyant sur des données, des indicateurs et l’expression des collaborateurs. Les actions de prévention ne sont alors plus définies à partir d’intuitions ou de perceptions, mais à partir d’une compréhension partagée des réalités de travail. Cette logique rejoint pleinement l’ambition du PST5, qui encourage une prévention plus ciblée, plus participative et davantage ancrée dans le fonctionnement quotidien des organisations.

La priorité donnée par le PST5 à la santé des femmes illustre parfaitement cette logique. Les enjeux de prévention ne peuvent être appréhendés de manière uniforme et nécessitent une meilleure compréhension des réalités vécues par les collaborateurs afin d’adapter les actions de prévention aux besoins identifiés.

Une opportunité pour les organisations

Au-delà de ses dimensions réglementaires, le Plan Santé au Travail 2026-2030 constitue une invitation à repenser la santé au travail comme un facteur de performance durable.

Les organisations qui réussiront demain seront celles qui sauront :

  • anticiper les risques plutôt que les subir ;
  • développer une culture de prévention partagée ;
  • renforcer le dialogue autour du travail réel ;
  • soutenir la santé mentale et l’engagement des collaborateurs ;
  • adapter leur management aux transformations du monde du travail.

Dans cette perspective, les démarches de qualité de vie et des conditions de travail, les référentiels de santé organisationnelle et les dispositifs de prévention deviennent de véritables leviers stratégiques au service de la performance collective.

Le regard d’AQUESIS

Nous considérons que la prévention est avant tout une démarche de compréhension des réalités de travail. Avant d’agir, il est essentiel de prendre de la hauteur, d’objectiver les situations, de croiser les regards et d’identifier les facteurs qui influencent durablement la santé des collaborateurs et le fonctionnement de l’organisation.

Cette approche rejoint pleinement l’esprit du Plan Santé au Travail 2026-2030, qui dépasse la seule conformité réglementaire pour promouvoir une prévention plus intégrée, fondée sur l’organisation du travail, le dialogue professionnel et l’amélioration des conditions de travail.

Notre méthodologie - diagnostiquer, structurer, mobiliser et développer - s’inscrit dans cette logique. Elle vise à transformer les constats en décisions éclairées, puis en actions concrètes, adaptées au contexte, aux enjeux et aux priorités de chaque organisation.

À retenir en 30 secondes

  • Le PST 2026-2030 place la prévention au cœur de la performance durable.
  • La santé mentale, l’absentéisme, la santé des femmes au travail et le maintien en emploi deviennent des priorités nationales.
  • Le DUERP demeure l’outil central d’identification et d’évaluation des risques professionnels.
  • Les entreprises sont invitées à anticiper les impacts de l’intelligence artificielle, du changement climatique et des transformations organisationnelles.
  • Le référentiel BNQ 9700-800 complète cette approche en intégrant les attentes des collaborateurs et les facteurs organisationnels qui influencent durablement la santé au travail.
  • La santé au travail ne relève plus uniquement d’une obligation réglementaire : elle constitue désormais un levier d’engagement, d’attractivité et de performance durable.

Sources

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